En Catalogne, cette tradition de lutte sociale s’inscrit dans un cadre européen plus large. Dès le XIVᵉ siècle, la révolte des remences marqua un jalon de résistance collective, qui aboutit à la Sentence arbitrale de Guadalupe de 1486. Ce texte constitua une victoire précoce des droits sociaux, en limitant l’arbitraire des seigneurs féodaux et en anticipant des idéaux de justice appelés à résonner des siècles plus tard.
Mouvements et luttes sociales
Les mouvements et luttes sociales ont été un moteur de transformation en Europe, en modifiant les structures de pouvoir et en défendant les droits collectifs et individuels. Des révoltes paysannes médiévales aux mouvements ouvriers du XIXᵉ siècle, puis aux combats pour l’égalité de genre et les droits des minorités au XXᵉ siècle, ces mobilisations ont façonné une Europe plus équitable et plus diverse.
Au XIXᵉ siècle, l’industrialisation plaça la Catalogne à l’avant-garde des mouvements ouvriers de la péninsule Ibérique. Barcelone, centre textile majeur, fut le théâtre de grèves et d’associations ouvrières, influencées par les idées socialistes et anarchistes qui circulaient en Europe. Au XXᵉ siècle, les luttes sociales se mêlèrent à la résistance antifranquiste et à la défense de l’identité culturelle. Un exemple en est un dossier judiciaire d’après-guerre, qui relate l’arrestation de cinq membres d’un réseau de propagande clandestine à Balaguer, chargés de diffuser le journal Solidaridad Obrera.
Dans un autre cas tragique, le dossier de 1942 concernant Jenny Kehr, une réfugiée juive allemande, conservé aux Archives centrales de la Cité de la Justice de Barcelone, révèle la brutalité de la répression franquiste et la persécution nazie. Après avoir fui le camp français de Gurs et tenté de franchir la frontière, Kehr fut arrêtée puis transférée à la prison de Lleida et à celle des Femmes de Barcelone. Craignant d’être déportée, elle choisit de mettre fin à sa vie pour ne pas tomber entre les mains des nazis.
À partir de la Transition, les luttes sociales s’orientèrent aussi vers la défense des droits politiques et de l’égalité de genre. Deux images en témoignent. La première, entre les années 1970 et 1980, montre une concentration à Gérone en faveur de l’autodétermination de la Catalogne.
La seconde, prise lors d’une manifestation féministe à Barcelone en 1987, met en avant Margarita Ammann Martínez, figure du féminisme radical et pionnière de la lutte pour les droits humains, l’écologie et le désarmement.
La seconde, prise lors d’une manifestation féministe à Barcelone en 1987, met en avant Margarita Ammann Martínez, figure du féminisme radical et pionnière de la lutte pour les droits humains, l’écologie et le désarmement.

